
Un chercheur congolais de haut niveau associé à une découverte sur le quinquina
Kinshasa, 23 mars 2026(ACP).- Une équipe internationale de chercheurs dont un de la République démocratique du Congo, est arrivée à identifier, pour la première fois en Allemagne, les gènes responsables de la biosynthèse des célèbres alcaloïdes de cinchona, dont la quinine, utilisée depuis plus de deux siècles comme traitement contre le paludisme, selon une publication du 18 mars de la célèbre revue scientifique « Nature »,
« Nos travaux ont débouché sur la découverte des mécanismes génétiques et chimiques par lesquels les plantes quinquina produisent les alcaloïdes ou composés naturels comme la quinine. Nous avons démontré également que les enzymes identifiées dans le quinquina peuvent être utilisées pour produire les molécules/composés du quinquina et des analogues halogénés une fois que ces enzymes sont placées dans une autre plante, comme la plante de tabac », a
déclaré à l’ACP le Dr. Blaise Kimbadi, chercheur-enseignant à l’Institut Max-Planck pour l’Écologie chimique en Allemagne, et à la faculté des Sciences et technologies de l’Université de Kinshasa.
« Ces recherches offrent plusieurs perspectives. Une de ces perspectives ou révolutions est que dans les années à venir, la production de la quinine pourra connaitre un changement significatif. On aura plus besoin nécessairement des plantes quinquina pour produire la quinine, comme cela se fait de nos jours. On pourra donc se passer de grandes plantations de quinquina, notamment dans de zones difficilement accessibles ou problématiques », a ajouté le chimiste congolais.
Grâce à des techniques de pointe, ces scientifiques ont mis en évidence un intermédiaire inédit et ont réussi la production de molécules de quinquina dans une plante modèle (Nicotiana benthamiana).
Cette découverte ouvre la voie à une production durable et à la création de nouveaux dérivés aux applications médicales et chimiques prometteuses.
« Nos travaux permettront de produire ces médicaments par voie biotechnologique. Nous anticipons que le prix de la quinine et composés similaires pourra aussi sensiblement être réduit », a également fait savoir le scientifique.
Aussi, ces travaux permettent, a-t-il encore dit, la production d’un large répertoire de dérivés pouvant être testés pour trouver de médicaments plus efficaces, avec moins ou pas d’effets secondaires comme par exemple ceux de la quinine.
Il s’agit, selon Dr Kimbadi, d’une étape décisive dans la recherche sur les produits naturels et leur exploitation au service de la santé et de l’industrie.
Les résultats de cette recherche ouvrent des nouvelles perspectives sur l’utilisation des produits naturels ainsi que leur exploitation dans le quotidien.
« Nous avons résolu un mystère de longue date : découvrir comment les plantes de quinquina synthétisent la quinine. La quinine ainsi que les molécules structurellement apparentées que le quinquina produit également, ont été utilisées comme médicaments, additifs alimentaires et outils polyvalents dans la recherche chimique et l’industrie depuis de siècles », a-t-il précisé.
« Nos découvertes ouvrent la voie à de nombreuses perspectives, notamment pour la production de ces précieux produits naturels et à leurs nouveaux analogues, qui peuvent présenter de meilleures propriétés médicinales « , a indiqué ce scientifique,
Docteur en Sciences naturelles à l’Université de Wuerzburg en 2019, en Allemagne.
Blaise Kimbadi est reconnu mondialement pour ses recherches de haut niveau en chimie et en pharmacologie, particulièrement dans la découverte de composés naturels contre les maladies graves comme le cancer et la malaria.
Ses recherches antérieures avaient notamment débouché sur la découverte des nouveaux produits naturels appelés « mbandakamines » (des molécules capables de combattre les microbes du paludisme et de la maladie du sommeil), à partir de certaines lianes qu’on retrouve dans la forêt aux environs de la ville Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, située dans l’ouest de la RDC.